Historique

 

 

Il semble bien que dès sa création, la Fanfare Municipale de Porrentruy fut connu sous la dénomination de Société de Musique-Fanfare de Porrentruy, puis Musique de la Ville de Porrentruy. Elle engloba tout naturellement la "phalange d'artistes" du "Café Pape", qui forma ainsi la noyau de la société. Dans les années qui suivirent, son effectif s'augmenta de plusieurs éléments de Fontenais et de Villars.

 

 

Fondateur de cette jeune Société de Musique-Fanfare, M. Pierre Girardin et en fut le premier président. Il devient plus tard maire de Porrentruy, tout en restant excellent bassiste. Comme quoi la politique au plus haut niveau n'arrive pas à étouffer l'âme d'un musicien né !

 

Le premier directeur de cette société fut M. Antoine Feusier. Il dirigeait déjà précédemment la petite phalange du "Café Pape" et il a joué un grand rôle dans la fondation. Quoi qu'il en soit, dès sa fondation de la "Muni", il en fut son véritable animateur.

 

Mais ce musicien de grand talent ne se contenta pas seulement de mettre toutes ses connaissances et toutes ses forces au service de la Société de Musique-Fanfare, il fit plus en fondant des corps de musique à Courgenay, Cornol et Miécourt.

 

M. Feusier resta à la tête de la société de Musique-Fanfare jusque dans les années 1870 date à laquelle M. Ribeaud repris la direction.

 

Ainsi. la Fanfare Municipale, porté par deux personnalités aussi compétentes et attachantes que le maire Pierre Girardin et le directeur Antoine Feusier.

 

 

La Guerre Franco-Allemande

 

A la Guerre de 1870 - 1871, la Fanfare de la Ville tombe. Les sont recueillis par celle de Fontenais, qui fut très forte. On  peut même dire qu'elle "ramassa" à cette époque presque tous les musiciens des localités voisines.

 

Entre-temps, la Musique bruntrutaine renaît de ses cendres, toujours sans couleur politique. C'était l'époque du Kulturkamp. Les luttes politiques, déjà vives, étaient féroces, et notre fanfare en subissait des contrecoups.

 

C'est alors que surgit un événement très important. Pour former opposition à l'Union-Fanfare (les Corbeaux), une petite fanfare conservatrice[1]. C'est alors que la Fanfare Municipales (les Hirondelles) rentra dans le parti libéral[2]. A cette époque, un quartier de Porrentruy, appelé Voyeboeuf, fourmillait de monde, très industriel : fabrique, scierie; une citadelle du parti libéral, car à cette époque qui disait ouvrier disait libéral. C'était en musique de la petite fanfare, drapeau rouge en tête, bannières et banderoles déployées, conduisait tout les citoyens aux urnes.

  

On doit  son engagement à M. Joseph Castelletti, en 1883. Ayant appris que M. Theuma, originaire de Tlemcen (Algérie) et venant d'Italie retrouver "un sien oncle qui changeait de climat en villégiaturant à Porrentruy", était un professeur de musique très qualifié, il le sollicita de s'établir dans notre ville et de diriger la Municipale.

 

Son premier acte fut de brûler toute la musique jouée jusque-là et, ensuite, de transformer la fanfare en harmonie. Il forma lui-même les "bois", introduisit les premiers saxophones. Sous sa direction, l’harmonie municipale connut un essor extraordinaire.

 

En 1884, soit une année après l'entrée de M. Theuma, la fanfare reçoit ses premiers uniformes qui ont été offerts par la Maison Wormann et fils à Bâle. La même année Joseph Theuma dédie à la Musique Municipale une marche nommée "Vétéran 1849".

 

En 1888, La Musique Municipale participe à la Fête Jurassienne de Musique à St-Imier. Elle proteste contre le verdict des membres du jury. Ses appréciations et son verdict qu'ils ont agi par partis pris, en répudiant systématiquement l'instrumentation française qu'elle a adoptée.

 

En 1889, elle a été l'objet d'une distinction des plus flatteuse. Elle a été invitée comme musique de la fête des Vignerons de Vevey qui s'est célébré au mois d'août. De nombreuses sociétés avaient prit par à cette fête grandiose, la Musique de Porrentruy a été la seule société jurassienne qui a été invitée.

 

 

En 1897, la Municipale va à la Fête jurassienne de musique à Courrendlin où elle se classe 2ème couronne dans la première catégorie. Pendant que la société s’efforce de surmonter l’adversité et les embarras financiers. Me Henri Dietlin notaire en a pris la présidence; très populaire, mais aussi très ferme, il exerce une influence bénéfique sur l’ensemble des musiciens. Sa première tâche est d’assainir la situation financière, d’aplanir certaines difficultés, de ramener d’anciens membres qui avaient démissionné, puis de se mettre à la recherche d’un bon directeur capable de sorti la société de l’ornière dans laquelle elle traînassait quelque peu.

 

Ce directeur, ce fut M. Louis Chappuis, professeur de musique et de chant à l’Ecole cantonale. C’était un musicien de grand talent, fin, persuasif, un compositeur délicat, et en quelques années, sous son influence, notre corps de musique fait des progrès considérables et est bientôt classé comme un des meilleurs du Jura, sinon le meilleur. Sous la direction de M. Chappuis, il décroche avec brio la première couronne en première catégorie au concours cantonal d’Interlaken, 1906. Résultat magnifique accueilli avec une très grande joie par la population bruntrutaine.

 

La réception fut plus que cordial, chaleureuse, vibrante et tous ceux qui ont vécu ses moments de grandeur et de prospérité en ont gardé très vivant l’attachant souvenir. M. Caffot, directeur de la Banque Populaire, ancien trombone, avait pris la présidence. Les étrangers, Italiens et Français surtout, étaient très nombreux à Porrentruy, et parmi eux se trouvaient d’excellents musiciens, ayant fait leur service dans les musiques de régiment. Leur apport à la Musique municipale était très apprécié.

 

En 1908, l’honneur échut à notre société d’organiser la Fête cantonale de musique. Le vaste emplacement du Tirage (alors non construit) était l’emplacement de fête, où fut dressée une halle-cantine aux proportions extraordinaires, les concours proprement dits ayant lieu en ville. Le clou de la fête était une grandiose cantate composée pour la circonstance par MM. Louis Chappuis et Jämes Juillerat, professeur de musique.

 

En raison d’une faible participation de sociétés, cette fête n’eut pour résultat qu’un important déficit, que la Musique municipale - ainsi était-elle dénommée désormais - était incapable de couvrir. On demanda alors à Messieurs les compositeurs de la cantate, qui avaient en commun présenté une note élevée pour leur travail, de la réduire de moitié au vu de ce déficit. Requête suivie d’un net refus, d’une bouderie durable de M. Jämes Juillerat et de la démission de M. Louis Chappuis comme directeur. Encore une fois, cette démission laissa la société désemparée, et par-dessus le marché chargée de dettes. M. Georges Barré accepta la direction ad intérim, puis M. Victor Brun, éminent cornettiste, fut nommé directeur. Pourtant la société se rendit encore à la Fête cantonale de Langenthal en 1911, mais renonça à concourir à l’annonce télégraphie du décès de son président d’honneur, M. H. Dietlin.

 

La présidence passa, pour une année seulement, de M. Caffot à M. H. Cuenat.

Vint la guerre : 1914, 1915. La Fanfare municipale vivote, l’effectif fondu. Les musiciens italiens et français sont partis en nombre, appelés sous les drapeaux. La société donne un dernier petit concert public devant l’Hôtel de Ville la nuit de Sylvestre 1915, puis suspend son activité jusqu’à la fin de la guerre.

 

Au début de l’année 1920, la Fanfare Municipale se réorganise sous la présidence de M. le maire Achille Merguin et la direction de M. Bernard Parietti. Beaucoup  d’anciens s’y retrouvent, ainsi que quelques nouveaux. C’est au cours de cette année que M. Brice Jolidon, étudiant instituteur, qui devait par la suite prendre une grande par à l’activité de la société, est reçu membre actif. Parmi les anciens, MM. Stéhly junior, Villemin, Joseph Voisard graveur (de Fontenais), Sanglard tambour de ville, Bouele, Pape, les frères Beuret. D’autres vétérans, trop marqué par l’âge, tels MM. François Stéhly (52 ans d’activité à la Fanfare municipale) et Louis Heiniger (célèbre contrebassiste), avaient renoncé. La société n’avait plus d’uniformes.

 

En 1924, pour marquer 75e anniversaire de la société, on mit en scène l’opérette “Les Saltimbanques” qui eut un succès mérite, et par une souscription publique organisée par M. Paul Billieux, procureur du Jura, nouveau président, on fit confectionner des uniformes qui furent portés pendant un quart de siècle. En 1928, le directeur M. Bernard Parietti  étant  tombé    malade,  M. Brice Jolidon prend la baguette pour céder en 1929 à un jeune talent, M. Paul Montavon, professeur de musique diplômé du Conservatoire de Bâle.

 

Sous la direction de cet excellent chef, aussi sympathique que doué, la Fanfare Municipale gravit assez rapidement les échelons du succès jusqu’à devenir une fanfare de grande renommée. Elle réintégra la Fédération jurassienne de musique en 1932, après l’avoir boudée pendant très longtemps, pris part aux concours à Delémont (1932), Reconvilier (1936) et organisa la Fête de la Fédération jurassienne à Porrentruy en 1939, à la veille de la 2e guerre mondiale. M. Billieux procureur qui succéda à la direction d’alléger ses tâches, et M. Paul Flückiger instituteur lui succéda à la direction, mais il reprit la baguette en 1945. Le “Maestro” comme on l’appelait familièrement, conduisit sa société aux concours à Tramelan (1946), à St-Imier (1ère division, 1950), à Moutier (division excellence, 1954), à Courrendlin (excellence, 1958)  et à Saignelégier (excellence, 1962) rapportant chaque fois un premier laurier avec franges or.

 

En 1953, notre Fanfare avait participé à la Fête fédérale de musique de Fribourg, concourant en 1ère division fédérale, où elle obtint un laurier d’argent; au concours de musique de marche il lui fut même décerné la mention “excellent”. On espérait encore mieux ! Il faut cependant dire qu’une première division fédérale, c’est quelque chose ! Et que les circonstances du moment et du lieu avait été défavorable à notre société. Mais l’essentiel, n’est-ce pas de participer, de concourir ?

 

En 1970, la Fanfare Municipale organisa à Porrentruy, la 29e Fête de musique que la Fédération jurassienne qui fut une pleine réussite. Entre-temps, le Maestro Paul Montavon avait passé la main M. Norbert Girard, professeur à l’Ecole professionnelle, pour assurer la direction. M. M. Maillat président avait succédé Me Hubert Piquerez, président du tribunal, puis Me Pierre Varé, secrétaire de préfecture, et enfin en 1970 le président M. Edmond Montavon, directeur de l’hôpital.

 

Sous la direction de M. Girard, la Fanfare Municipale a pris part au concours du Noirmont, en 1974, où l’exécution de ses morceaux et sa tenue ont été remarqués; un beau succès, en somme.

 

Durant les années 80, la fièvre du Brass Band s'empare de jeunes musiciens de la région. Bientôt un ensemble de cuivre est formé.

 

Qui aurai supposé, à l'époque, que l'ECA aillait devenir source de controverse au sien de la MUNI ? L'ECA se veut une école de perfectionnement à la disposition des fanfares de la région, à plus forte raison la MUNI. Le président Pierre Etique n'y est surtout pas opposé, car c'est une chance offerte aux jeunes.

 

Et pourtant, ce qui devait arriver arriva. Quelques jeunes virtuoses de la MUNI commencent à délaisser la société qui les a formés, puis démissionnent avec fracas, oubliant en cela les règles plus élémentaires de la déontologie. Que s'est-il passé ? Victimes d'un certain prosélytisme ? Inconditionnel du brass ?

 

Pour diverses raisons - et l'âge des membres n'est pas étranger à cet état de choses - l'effectif de la MUNI, fort de 61 musiciens en 1976 sous la présidence d'Edmond Montavon, n'est plus de que de 33 sociétaires  à l'heure actuelle. Les musiciens, jeunes et vieux, font montre d'un bel esprit d'entente et sont en constant progression de leur jeune et talentueux directeur Laurent Schüttel.

 

Disons enfin que la société fera partie de la Fédération des fanfares d’Ajoie depuis 2004.

 

Actuellement, le "Muni" est forte de 30 membres. Sa moyenne d'âge est 32 ans. La "MUNI" est présidée par M. François-Xavier Petignat, dirigée par M. Laurent Schüttel.

 

Bien entendu, l'avenir de la société repose sur le recrutement de jeunes talents. Nous osons lancer un appel : qu'ils se persuadent qu'un instrument, quel qu'il soit, outre les joies qu'il est susceptible de leur réserver, peut être un compagnon de route pour toute la vie. Par ailleurs, nous sommes bien persuadé que nous pouvons répondre à vos aspirations les plus profondes, tant par l'amitié qui lie les musiciens entre eux que par la rencontre de leur sensibilité avec la magie de la musique.

 

Directeurs et Présidents de la Muni

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Directeurs

 

Présidents

 

 

 

 

 

 

 

Antoine Feusier

 

Pierre Girardin

 

 

Victor Walther

 

Joseph Chavanne

 

 

Ribeaud

 

Weiss

 

 

Droz

 

Henri Dietlin

 

 

Jules Comment

 

Auguste Raval

 

 

Prof. Joseph Theuma de Castelletti

 

Louis Heiniger

 

 

Louis Rebetez

 

Alfred Caffot

 

 

Prof. Louis Chappuis

 

Henri Cuenat

 

 

Georges Barré

 

Xavier Billeux

 

 

Victor Brun

 

Charles Maillat

 

 

Bernard Parietti

 

Hubert Piquerez

 

 

Brice Jolidon

 

Pierre Varé

 

 

Prof. Paul Montavon

 

Edmond Montavon

 

 

Norbert Girard

 

André Hofmann

 

 

Hubert Mahon

 

Pierre Etique

 

 

John O’Briens

 

Oscar Spitznagel

 

 

Markus Zwahlen

 

Denise Cattin

 

 

Robert Convers

 

François Bailly

 

 

Jean Schindler

 

François-Xavier Petignat

 

 

Pascal Glatz

 

 

 

 

Ronald Gigon

 

 

 

 

Frédéric Jochum

 

 

 

 

Eric Guenin

 

 

 

  Laurent Schüttel      

 

[1] Actuellement PDC

[2] Actuellement PLRD